



Cultiver la présence
À Ahuntsic, on sait ce que ça veut dire prendre son mal en patience.
Attendre l’autobus qui arrive quand il est prêt, le feu de circulation qui prend son temps, et les réponses qui ne viennent pas toujours quand on les demande.
Des fois, on marche le long de la rivière des Prairies, et on se dit :
« J’avance… mais me semble que je cherche encore où je m’en vais. »
Il existe une vieille sagesse qui dit qu’il y a toujours quelque chose de neuf qui peut naître, même quand on a l’impression d’avoir tout essayé.
Nous, à l’Église, on a décidé de prendre ça au sérieux.
Pas en faisant plus de bruit. Mais en apprenant à habiter le moment.
On appelle ça: cultiver la présence.
Ça veut dire apprendre à être vraiment là avec Dieu :
- dans sa famille,
- dans son travail,
- dans ses questions,
- dans ses silences,
- dans ce qui va bien…
- et dans ce qui est plus mêlant.
Ici, on ne croit pas que la foi commence par des réponses toutes faites.
Elle commence par une relation. Par une présence à apprivoiser.
Pour nous, Jésus représente ce chemin-là :
- un personne qui a appris à être pleinement présent,
- à aimer sans calcul,
- à vivre vrai, même quand ça dérange.
On résume ça simplement :
Être avec Jésus, pour être comme Jésus, afin de vivre comme Jésus.
Autrement dit :
- prendre le temps,
- laisser son amour transformer l’intérieur,
- et vivre ça dehors, dans la vraie vie.
Nous croyons qu’un lieu où on apprend à habiter cette présence devient un espace où on peut:
- respirer,
- déposer ce qui pèse
- et laisser renaître l’espérance.
Pas parce que tout est réglé.
Mais parce qu’on n’est plus obligé de marcher seul.
Ici, il n’y a pas de pression. Juste une invitation.
Pas une course. Une marche.
Une présence à cultiver, jour après jour.
Bonne réflexion!
Pasteur Michel
Notre Mission L’ECA a pour but de faire connaître Jésus comme étant l’être le plus passionnant, en s’engageant de manière continue dans sa relation avec Dieu et avec les autres.
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Au-delà du perfectionnisme religieux
L’illusion qui nous enferme
Imaginez ceci : vous êtes plongé dans un jeu vidéo ultra-réaliste en réalité virtuelle. Tout semble authentique – les paysages, les règles, les missions. Pendant des années, ce monde virtuel constitue votre seule réalité. Puis un jour, un message s’affiche : « Tu veux voir la vraie réalité ? Déconnecte-toi. »
Hésiteriez-vous ? Quitter ce que l’on connaît fait peur. Pourtant, ce que nous voyons n’est qu’une ombre de ce qui est réel.
Cette analogie nous aide à comprendre ce que la Bible nous dit dans Hébreux 10:1 : « La loi possède une ombre des biens à venir, et non l’exacte représentation de la réalité. »
Si les jeux vidéo ne vous parlent pas, pensez au film « The Truman Show ». Truman pense vivre une vie normale dans une ville parfaite. Mais tout est faux : chaque personne est un acteur, chaque événement est scénarisé. Il vit dans une illusion bien construite, et il ne le sait même pas. Un jour, il commence à voir des failles dans son monde et doit faire un choix : rester dans une illusion confortable ou entrer dans une réalité inconnue mais authentique.
C’est exactement ce qui s’est passé avec la Loi dans l’Ancien Testament. Pendant des siècles, les gens pensaient que suivre des règles strictes et offrir des sacrifices pouvait les rendre parfaits. Mais la Bible nous révèle que tout cela n’était qu’une ombre, une mise en scène temporaire. Christ est venu pour briser cette illusion et nous donner accès à la vraie présence de Dieu.
Le mythe du perfectionnisme religieux
Beaucoup d’entre nous vivent encore dans ce monde d’ombres. Nous essayons d’être parfaits par nos propres forces, de suivre des règles pour prouver que nous sommes dignes, de nous accrocher à un système qui ne pourra jamais nous transformer en profondeur.
Mythe #1 : « Si je fais tout bien, je serai parfait »
Nombreux sont ceux qui pensent que suivre parfaitement des règles (spirituelles, morales, sociales) les rendra justes devant Dieu. Pourtant, Hébreux 9:9 nous dit clairement que les sacrifices et les rituels de la Loi ne pouvaient pas rendre parfait, sur le plan de la conscience, celui qui les pratiquait.
« C’est une illustration pour le temps présent; elle signifie que les dons et les sacrifices présentés ne peuvent pas rendre parfait, sur le plan de la conscience, celui qui prend part à ce culte. » (Hébreux 9:9)
La perfection biblique n’est pas l’absence d’erreur, mais un processus de transformation du cœur, rendu possible par la grâce de Dieu et vécu dans une relation avec Lui. La loi ne pouvait pas amener à cette perfection.
Mythe #2 : Les rituels religieux suffisent
Le Saint-Esprit nous montre que « le chemin du lieu très saint n’était pas révélé tant que le premier tabernacle était dressé » (Hébreux 9:8). La Loi et le tabernacle n’étaient qu’une image temporaire, pas la réalité définitive. Les sacrifices devaient être répétés encore et encore, prouvant leur insuffisance.
Comme l’explique Gary Trosclair dans son livre « Healthy Compulsivity », l’obsession de bien faire peut nous amener à une forme de rigidité où nous nous accrochons à des règles, pensant qu’elles garantiront notre succès ou notre sécurité, alors qu’en réalité, elles peuvent nous enfermer dans une cage invisible.
Mythe #3 : Les pratiques extérieures transforment le cœur
« Avec les aliments, les boissons, les diverses ablutions et les règles relatives au corps, c’étaient des prescriptions imposées seulement jusqu’à une époque de réforme. » (Hébreux 9:10)
La Loi montrait le problème (le péché), mais ne le réglait pas. Elle fonctionnait comme un miroir (Jacques 1:23-25), révélant nos imperfections mais incapable de nous purifier intérieurement.
Le perfectionnisme nous fait croire que si nous suivons toutes les règles à la lettre, nous serons enfin en paix. Mais la paix ne vient pas d’une obéissance stricte aux règles : elle vient d’une relation de confiance. La perfection n’est pas dans la règle, mais dans une connexion avec Dieu. Cette connexion est possible en Jésus.
Christ : La réalité au-delà de l’ombre
« Quant à Christ, il est venu comme grand-prêtre des biens à venir. Il a traversé le tabernacle plus grand et plus parfait qui n’est pas construit par la main de l’homme – c’est-à-dire qui n’appartient pas à cette création – et il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non pas avec le sang de boucs et de jeunes taureaux, mais avec son propre sang. Il nous a ainsi obtenu un rachat éternel. » (Hébreux 9:11-12)
Christ est supérieur à la Loi ! Il n’apporte pas un sacrifice temporaire, mais un rachat éternel. Il ne nous donne pas des règles à suivre, mais une relation qui transforme.
Nos illusions modernes
Aujourd'hui encore, nous créons nos propres systèmes de règles, pensant qu'ils nous rendront "assez saints". Voici quelques exemples :
1. Les pratiques religieuses transformées en règles de performance
"Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi. C'est faussement qu'ils m'honorent en donnant des enseignements qui sont des commandements humains." (Matthieu 15:8-9)
- Lire la Bible tous les jours non par amour pour Dieu, mais par peur de ne pas être un "bon chrétien"
- Prier X minutes par jour comme une checklist plutôt qu'un vrai moment d'intimité avec Dieu
- Aller à l'église par obligation plutôt que par désir de communion
- Faire des œuvres pour mériter l'amour de Dieu
Ces pratiques sont bonnes, mais si elles deviennent une pression au lieu d'un fruit naturel d'une relation avec Dieu, elles deviennent des fardeaux inutiles.
2. Se fixer des interdits stricts pensant que cela nous rend plus purs
"Si vous êtes morts avec Christ aux principes élémentaires qui régissent le monde, pourquoi, comme si vous viviez dans le monde, vous soumettez-vous à toutes ces règles: «Ne prends pas! Ne goûte pas! Ne touche pas!»?" (Colossiens 2:20-21)
- Ne plus regarder de films/séries/sortir avec des amis par peur d'être "contaminé" spirituellement
- Ne pas écouter de musique "séculière" non par conviction personnelle, mais par crainte d'être impur
- Éviter certaines personnes ou lieux, pensant que notre sainteté dépend de l'éloignement plutôt que de la transformation de notre cœur
Ces choix peuvent être bons selon la conviction de chacun, mais si on pense qu'ils nous rendent "meilleurs" que les autres ou qu'ils garantissent notre sainteté, on tombe dans le piège du légalisme.
3. L'obsession du perfectionnisme moral et spirituel
"Manquez-vous à ce point de bon sens? Après avoir commencé par l'Esprit, voulez-vous maintenant finir par vos propres forces?" (Galates 3:3)
- Avoir peur de l'échec spirituel, comme si Dieu allait nous rejeter au moindre faux pas
- Se culpabiliser constamment parce qu'on n'a pas prié ou lu la Bible "assez longtemps"
- Penser qu'on doit tout comprendre avant d'obéir, au lieu de faire confiance à Dieu pas à pas
On finit par vivre dans la peur du jugement plutôt que dans la grâce. Christ nous a pourtant obtenu "un rachat éternel" (Hébreux 9:12).
Vers une transformation authentique
Ce que Dieu désire vraiment, c'est :
- Une relation face à face avec nous
- Un changement du cœur, pas une liste de règles
- Un rythme sain, basé sur la grâce et non sur la pression de la perfection
G.K. Chesterton, dont les écrits ont joué un rôle important dans la conversion de C.S Lewis, exprime magnifiquement cette vérité :
"Un enfant donne des coups de pied rythmiques grâce à l'excès, et non à l'absence, de vie. Parce que les enfants ont une vitalité débordante, parce qu'ils sont en esprit féroce et libre, ils veulent que les choses se répètent et restent inchangées. Ils disent toujours : 'Encore', et l'adulte le refait jusqu'à ce qu'il soit presque mort. Car les adultes ne sont pas assez forts pour se réjouir de la monotonie. Mais peut-être que Dieu est assez fort.
Il est possible que Dieu dise chaque matin : 'Encore' au soleil et chaque soir : 'Encore' à la lune. Ce n'est peut-être pas une nécessité automatique qui fait que toutes les marguerites se ressemblent ; il se peut que Dieu fasse chaque marguerite séparément, mais qu'il ne se soit jamais lassé de les faire. Il se peut qu'Il ait l'éternel appétit de l'enfance, car nous avons péché et nous avons vieilli, et notre Père est demeuré plus jeune que nous."
Une invitation à la liberté
Je vous invite à réfléchir : "Suis-je encore en train d'essayer d'atteindre Dieu ou d'être le chrétien parfait par mes propres efforts ?"
Comment approchez-vous la prière ? Comment percevez-vous votre lecture quotidienne ? Une obligation ? Un sprint de lecture ? Et si vous voyiez le temps dans la prière et la lecture de la Bible comme une invitation de Dieu dans sa maison ? Et s'il vous invitait à sa table ? Qu'est-ce qui changerait dans votre comportement ou votre attitude ?
Remplacez cette mentalité de performance où vous êtes la source d'un christianisme sans Christ par : "Père, je choisis de recevoir ta perfection – ce processus de transformation du cœur, rendu possible par ta grâce et vécu dans une relation que je retrouve en Jésus-Christ."
Cet article est basé sur une prédication délivrée sur le thème "Prisonnier d'une illusion". Pour écouter le message complet, visitez notre page Médias ou rejoignez-nous lors de nos prochains cultes.
Rev. Michel Hurrell


